15.07.2011
Something wicked this way comes
Parfois, la vie vous donne des citrons, et ça vous prend toute votre énergie et votre optimisme pour en faire de la citronnade. Ouais, je sais, c’est dur. Mais on a tous notre croix à porter, pas la peine d’être ronchon. D’autant moins que parfois, la vie vous donne plutôt des cerises. Comme ça, gratos, sans contrepartie. Ça n’arrive pas souvent, alors il faut en profiter.
Il y a quelques week-ends de ça, je me suis vue offrir un coffret DVD contenant deux films : une adaptation de Macbeth, et une autre du Songe d’une nuit d’été. Juste comme ça, sans raison particulière. Ce n’était même pas mon anniversaire. Mais, il y avait une photo de James McAvoy en gros plan sur la boîte. Mes amies les plus proches connaissent mes obsessions. Je ne leur laisse pas vraiment le loisir de les oublier, de toute façon. Je tourne en boucle sur certaines choses.
Ce Macbeth, j’avais forcément l’intention de le voir un jour. Ces deux films sont en fait la moitié d’unprogramme produit par la BBC en 2005,ShakespeaRe-told. Quatre pièces de Shakespeare transposées dans un contexte moderne. Pas fondamentalement original, mais qui démontre une fois de plus que le barde savait, sous couvert de comédie, de farce ou de drame, de peinture d’une autre époque et d’une autre société, mettre le doigt sur les travers des êtres humains, qui n’ont pas beaucoup changé au cours des siècles.
Et puis, bon, quels castings ! Après une rapide recherche, j’ai découvert que Beaucoup de bruit pour rien mettait en scène Sarah Parish et Damian Lewis, et La mégère apprivoisée Shirley Henderson et Rufus Sewell. Autant dire que ça hurlait "Achète-moi ! Regarde-moi !" Du coup, je me suis empressée de me procurer la moitié qui me manquait. Et pour être bien en phase avec ce que j’allais voir, j’ai ressorti mes bouquins et j’ai lu, ou re-lu, les pièces originales.

Macbeth
de William Shakespeare
Bon, déjà, celle-ci, c’est la première fois que je la lisais. J’avais fait une tentative il y a quelques années, avec une édition qui, comme beaucoup, présentait à la fois le texte original et la traduction en français. A l’époque, je ne lisais pas l’anglais, surtout pas le shakespearien, je m’en tenais donc à la moitié VF. Après en avoir fini sans trop de problème avec Othello et Roméo et Juliette, je m’étais ambitieusement lancée dans Macbeth. Là, ça a un peu coincé. Même beaucoup. Comme si le traducteur avait, comment dire, abusé de substances illicites avant de se mettre au travail. Les phrases semblaient n’avoir aucun sens, comme un assemblage de mots sans aucun lien entre eux. Ce n’était même pas français. J’ai vite abandonné.
Cette fois, je me suis rachetée une édition bilingue, une bien, une sérieuse, avec préface et explication de texte et tout, histoire de mettre toutes les chances de mon côté.
Ça ne m’a été d’aucune utilité. Une fois encore la traduction française me parait incompréhensible, et la préface a l’air d’avoir été écrite seulement pour les gens qui ont obtenu une thèse en psycho plus une autre en littérature élisabéthaine. Je ne pensais pas que ça m’arriverait si tôt, mais ça y est, ça m’est plus facile de lire en anglais qu’en français !
LADY MACDUFF
Whither should I fly ?
I have done no harm. But I remember now
I am in this earthly world ; where to do harm
Is often laudable, to do good sometime
Accounted dangerous folly : why then, alas,
Do I put up that womanly defense,
To say I have done no harm ?
Hé ouais. On vit dans un monde de chacals, ma pauv’ dame !


