14.12.2010

Malostranská. Ukončete prosím výstup a nástup, dveře se zavírají.

 

 Les contes de Malá Strana

 (Titre original : Povídky Malostranské)

 De Jan Neruda

 

Dans ce recueil de 11 nouvelles, Jan Neruda raconte le Malá Strana de son enfance, avec ses personnages emblématiques, ses rumeurs, ses légendes, ses histoires extraordinaires.

 

Aujourd’hui l’un des quartiers de Prague les plus visités par les touristes, et sans doute très aimé par les Praguois, Malá Strana (le petit côté, en tchèque) était au temps de Jan Neruda une sorte de gros bourg immuable où tout le monde connaissait tout le monde. Très vivant, il était fait de monuments baroques magnifiques, de petites rues tortueuses et de façades aux enseignes très travaillées. Il bénéficiait en outre de sa proximité avec le château et les petits palais de l’aristocratie d’empire.

 

Né et élevé dans la rue principale de Malá Strana, qui aujourd’hui porte son nom, Neruda a su en rendre l’atmosphère avec précision et poésie, racontant ses contemporains et ses ainés avec un humour satirique non dénué d’affection.

 





Frappée de plein fouet par une crise de nostalgie praguoise, comme à chaque fois que mon amie Klara m’envoie de ses nouvelles, j’avais commandé ce livre en me disant que j’y retrouverais sûrement des petits bouts des endroits que j’ai aimés et qui ont si peu changés depuis que Neruda a écrit ses contes. Vu le prix, je m’attendais à me retrouver tout au plus avec un livre de poche de bonne qualité qui ne ferait pas tache dans ma bibliothèque.



C’est en fait un ouvrage magnifique que j’ai reçu (j’ai fait une très bonne affaire, manifestement) qui en plus résout mon problème de manque d’inspiration quant au cadeau de Noël de ma sœur. Elle a aimé Prague avec passion pendant les quelques jours qu’elle y a passé, c’est d’abord elle qui m’a donné envie de découvrir cette ville magnifique, et je suis sûre qu’elle appréciera autant que moi cette photographie douce-amère d’une époque où, entre chopes de bière et fumée de pipes, les gens ancrés dans leurs habitudes et leurs traditions pouvaient se comprendre en se parlant à demi-mot.



Imprimé sur un papier de grande qualité et superbement illustré, à la fois par un peintre et un photographe, ce livre bénéficie en outre d’une traduction très agréable à lire, due à un spécialiste de la littérature tchèque. Mon seul bémol : l’édition française a omis tous les accents et hačeks sur les mots tchèques, ce qui leur enlève une bonne part de leur charme et leur aspect familier, c’est bien dommage.



Un respectable mendiant qui parvient à vivre du peu qu’on lui donne et qu’une rumeur malveillante renvoie à la misère, un commerçant provincial nouvellement installé qui ne parviendra jamais à se faire accepter, un vieux monsieur qui collectionne les cailloux en pensant laisser un héritage de valeur à ses proches, un docteur sans pratique qui ressuscite un mort, voilà les personnages des contes de Neruda. Vieilles querelles, regrets et tout plein de funérailles.

 

"Ô toits, ô toits, comme je vous aime !

J’envierais les ramoneurs, s’ils n’avaient pas de l’existence humaine une vue si uniformément noire."



Mes préférées resteront, je pense, Bavardages d’un soir, où quatre amis se retrouvent sur le toit d’une maison de la rue Ostruhova pour se distraire en regardant la lune et se racontant des histoires, ou la plus drôle, Comment il se fait que l’Autriche n’ait pas été envahie le 20 Août 1849 à midi et demi, où le narrateur se souvient du complot fomenté avec trois camarades, alors qu’ils avaient une dizaine d’années, pour prendre Prague puis Vienne à l’aide d’un pistolet et quatre frondes.



Un objet rare, car Neruda n’est plus guère édité, beau, divertissant et un must have pour qui s’intéresse à Prague et la culture tchèque.

 

Et allez, parce qu'il le vaut bien...

 

 

Jan Neruda est mort à 57 ans des suites d'une maladie.

Ou de fatigue, ou de faible constitution.

En tout cas, de cause naturelle.

Il est enterré au cimetière praguois de Vyšehrad.

Commentaires

j'adore Prague!

Écrit par : choupynette | 21.12.2010

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Choupynette : Et moi donc ! Et ça me maaaaaaanque !

Écrit par : Nataka | 21.12.2010

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