12.12.2010

"Ca lui a fait de la peine de penser que nous sommes des naufragés de la Noël."

 

De l’inanité de s’inscrire à un nouveau challenge, le délicieux et fringant Challenge Nécrophile lancé par Fashion (explications ici, je ne recopie pas), quand tous les challenges commencés ont été oubliés ou sont encore en cours, même ceux commencés en 2008 (faites seulement semblant de me croire…)

 

 

Comment résister un challenge qui semble aussi facile, et que je n’achèverai probablement pas, une fois de plus ? Après tout, ma PAL est remplie d’ouvrages d’auteurs morts (ou qui le seront peut-être d’ici à ce que je les ouvre).

 

Ce challenge, de fort bon goût pour qui aime le macabre, va pousser ses participants à vérifier, chaque fois qu’ils liront un livre, quand est mort l’auteur, dans quelles circonstances, et où se trouve sa sépulture. Que de joyeusetés ! Je suis pour ma part généralement plus intéressée par la façon dont les gens ont vécu leur vie que par celle dont ils l’ont quittée. Quoi que je ne nie pas que les deux soient très liés, dans certains cas.

 

Mais nous sommes à deux semaines des fêtes, et bien que l’esprit de Noël ne se soit pas encore posé sur mon épaule, je tiens à faire mon possible pour lutter contre l’influence des Scrooge, Grinch et autres fâcheux qui ricanent dans leur barbe parce que Tennessee Williams s’est étouffé avec un bretzel ou qu’Eschyle s’est fait fracasser le crâne par une tortue. Un peu de décence, que diable, c’est marrant mais c’est tragique !

 

Donc auteurs morts, oui, mais auteurs de jolies choses positives avant tout !

 

 

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Et je commence avec Marcel Pagnol, qui n’entre dans aucune catégorie du challenge puisqu’il est mort de mort naturelle à 79 ans, à Paris certes, mais où il n’est pas resté puisqu’il repose depuis avec les siens à La Treille, dans ses chères collines.

  

Merlusse

De Marcel Pagnol

En ce 24 décembre 1913, tous les pensionnaires du lycée Thiers de Marseille quittent l’établissement pour retourner dans leur famille fêter Noël. Une poignée d’entre eux cependant, dont les parents vivent aux colonies et ne peuvent se permettre de leur offrir le voyage, ou qui sont orphelins, ou issus de familles à problèmes, doivent rester au lycée pour les vacances.

  

 Ils ont entre dix et seize ans, et tous ne vivent pas bien cet abandon de leurs proches. D’autant que suite à un deuil dans sa famille, le jeune surveillant d’internat qui devait s'occuper du dortoir en ce soir de réveillon doit s’en aller, les laissant à la charge de M. Blanchard.

  

 Blanchard est répétiteur au lycée Thiers depuis la rentrée. Blessé de guerre, âgé déjà de plus de cinquante ans, il semble avancer difficilement dans sa carrière au sein de l’Académie car il se lie peu avec ses collègues et supérieurs. Mais il obtient d’excellents résultats avec ses élèves : grand, barbu et borgne, il les terrifie, usant sur eux d’une sévérité glaciale. Ils le détestent, et il semble le leur rendre. Prétendant que ses vieux vêtements négligés sentent le poisson, ils l’ont surnommé Merlusse.

  

 Mais si l’on réunit, une nuit de Noël, dans un dortoir vide et froid un groupe d’enfants de tous âges et de toutes origines, liés seulement par leur solitude et leur amère tristesse, avec leur ennemi héréditaire, un pion autoritaire moins respecté que craint, qui sait si quelque miracle ne se produira pas ?

 

 

D’abord une nouvelle intitulée L’infâme truc écrite pour un magazine, Merlusse a ensuite été un court scénario que Pagnol comptait utiliser simplement pour tester un appareil de prise de son. Enchanté par le jeu de ses acteurs, en particulier les enfants, il en fit un long métrage. Qui s’avère aussi excellent que le sont tous les films de Pagnol : comme d’habitude la beauté des dialogues permet de passer facilement sur la faible qualité du son (il s’agit d’un film de 1935, on peut comprendre que la technique n’était pas encore au point), l’image noir et blanc a ce charme si particulier des films de cette époque, avec un cadrage pas très assuré mais une lumière inimitable, et l’histoire, pourtant dépourvue de magie et de fantastique, est peut-être l’un de mes “contes” de Noël préférés.

 

Le livre, quant à lui, ressemble à un script, écrit comme une pièce de théâtre avec des didascalies qui parlent de travellings arrières et de fondus au noir. Ce qui ne retire rien, évidemment, à la joliesse de cette histoire.

Commentaires

Pagnol c'est mon enfance avec La gloire de mon père, Manon des sources etc...

Écrit par : choupynette | 13.12.2010

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Choupynette : C'est mon enfance aussi, mais il y a aussi Marius, Fanny et César, et tant d'autres...

Écrit par : Nataka | 13.12.2010

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Je dois dire que "Challenge nécrophile", ce n'est pas très rassurant comme titre lol

Écrit par : Cécile | 14.12.2010

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Cécile : C'est surtout si délicat, si rafraichissant...

Écrit par : Nataka | 14.12.2010

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