28.09.2010
Marriage isn't always a bed of roses.

He knew he was right
De Tom Vaughan. Avec Oliver Dimsdale, Laura Fraser, Christina Cole, Stephen Campbell-Moore...
2004
Louis Trevelyan, un riche et respectable jeune gentleman de Londres, goûte un bonheur domestique parfait auprès de sa femme Emily jusqu’à ce que le parrain de cette dernière, le colonel Osborne, se mette à lui rendre de trop fréquentes visites. Alerté par la réputation de séducteur d’Osborne et les manières trop libres d’Emily, Louis se laisse aller à une jalousie maladive. Outrée par les soupçons infondés de son mari, Emily refuse d’admettre le moindre tort. Malgré les efforts de leur entourage, la situation s’envenime entre eux jusqu’au point de rupture.
Vu dans le cadre du challenge Tennant 2010, He knew he was right illustre assez bien une réflexion commune à plusieurs participantes : pour une bonne partie de sa filmographie, soit David Tennant tient le rôle principal de films qui laissent à désirer, soit il n’a qu’un rôle secondaire dans des productions qui valent le détour. Ici, il a un rôle secondaire.
He knew he was right est adapté d’un roman d’Anthony Trollope, un écrivain que je ne connaissais que de réputation jusqu’ici mais qui va sans doute s’ajouter très vite à ma liste d’auteurs à découvrir. Cette liste ne finit pas de s’allonger, je n’aurai pas assez d’une vie pour en voir le bout.

Située dans le Londres des années 1860, en pleine période victorienne, avec tout ce qu’elle comportait de strictes règles sociales, cette histoire parle donc de l’évolution du coupe Trevelyan, elle (Laura Fraser) fille du gouverneur britannique aux îles Mandarin, élevée de façon libre et sans contraintes, et peu au fait de ce que la bonne société londonienne exige de bienséance et de retenue, lui (Oliver Dimsdale) dont la jalousie et le besoin de contrôler son environnement tourneront petit à petit à la paranoïa et à la folie. D’abord attisé par l’attitude provocatrice de son "rival" le colonel Osborne (Bill Nighy) puis alimenté par l’étroitesse d’esprit et l’avidité du détective qu’il a engagé (Ron Cook), le délire de Louis ne connait aucun obstacle : il sait qu’il a raison et il se créé son propre enfer. Humiliations, exil, espionnage et enlèvement d’enfant, rien ne sera épargné à la pauvre Emily qui jusqu’au bout tentera de sauver son mariage, sans accepter cependant de faire le moindre compromis.
En parallèle, on suit aussi Nora Rawley (Christina Cole), la sœur cadette d’Emily Trevelyan, courtisée à la fois par Mr. Glascock (Raymond Coulthard), un riche aristocrate, et Hugh Stanbury (Stephen Campbell Moore), le meilleur ami de son beau-frère, journaliste sans le sou.

Hugh aime Nora mais ne peut se déclarer vu son manque de moyens. Son seul parent fortuné est sa tante Jemima Stanbury (Anna Massey), un dragon de vieille fille autoritaire qui a payé pour son éducation mais refuse de le voir depuis qu’il écrit pour un journal libéral. Miss Stanbury accepte tout de même de faire un geste pour sa famille, et demande à Dorothy (Caroline Martin), la jeune sœur de Hugh, de devenir sa demoiselle de compagnie.
Attentive à assurer le futur de sa nièce, Miss Stanbury fait tout son possible pour la pousser dans les bras du Révérend Gibson (David Tennant). En dépit du souhait de sa tante, Dorothy rejette son prétentieux prétendant qui restaure sa réputation en se fiançant à Camilla French (Claudie Blakeley), une jeune femme qui le poursuivait de ses assiduités depuis des années. Bientôt terrifié par les exigences et les crises de rage de sa promise, Gibson parvient à s’en débarrasser en demandant finalement la main de sa sœur Arabella (Fenella Woolgar).

Miss Stanbury est devenue riche dans sa jeunesse en héritant d’un amoureux, mort avant d’avoir pu l’épouser. Se sentant redevable envers les Burgess, la famille de ce défunt fiancé, elle a décidé de faire de Brooke Burgess (Matthew Goode) son héritier. Quand Brooke s’éprend de Dorothy, Miss Stanbury fait savoir à sa nièce qu’elle ne permettra pas ce mariage, persuadé que les Burgess l’accuseraient de l’avoir planifié pour maintenir sa fortune dans la famille Stanbury. Son affection pour Dorothy la fera revenir sur sa décision.
Une foultitude de personnages et d’intrigues, plus ou moins enchevêtrées, et c’est bien la seule chose que je pourrais trouver à reprocher à He knew he was right, d’ailleurs : trop d’histoires et trop peu de temps pour les développer. J’aurais aimé que plus d’attention soit accordée à Dorothy et Brooke, à Priscilla Stanbury (Amy Marston) également qui, si elle n’a qu’un intérêt mineur, semblait avoir beaucoup à dire, ou encore à Mr. Glascock et Caroline Spalding qui sont si météoritiques qu’ils ont juste l’air d’accessoires.

En dehors de ça, c’est l’une de ces fictions historiques bien réalisées, aux décors parfaits, aux costumes impeccables et avec une bande-son qui sait souligner sans se faire remarquer. Scénarisé par Andrew Davies, dont on sait le talent à adapter les classiques de la littérature, He knew he was right décrit avec subtilité la difficulté de construire un couple et de vivre en couple, quand l’un des deux veut absolument tenir les rênes et contrôler l’autre, ou quand une autorité extérieure prétend être à même de mieux savoir ce qu’il convient de faire. Les personnages s’adressent parfois à la caméra, prenant le public à témoin, pour justifier leurs choix et leurs actions. Procédé risqué et que je n’aime pas particulièrement, en général, mais bien exploité ici et qui empêche le spectateur de prendre parti trop définitivement.
La distribution est intégralement impeccable, chacun donnant de l’étoffe à son personnage aussi bien dans ses qualités que dans ses défauts. J’ai particulièrement aimé la calme joie de vivre de Dorothy Stanbury, ainsi que le côté catégorique et péremptoire de sa tante Jemima qui apparait même quand elle reconnait ses erreurs, et qu’on retrouve chez Priscilla, même si elles refuseraient sûrement toutes les deux d’admettre qu’elles se ressemblent.
Stephen Campbell-Moore est un charmant chevalier blanc et Matthew Goode un séduisant amuseur de vieilles rombières, j’en redemande.

Bill Nighy joue les vieux beaux dévoyeurs de jeunesses innocentes avec un hilarant naturel, et David Tennant est un vicaire vaniteux, lâche, faible et veule (mais guide spirituel de profession, eh oui !) qui reçoit la monnaie de sa pièce en se retrouvant pris entre une manipulatrice et une harpie hystérique, offrant un contrepoint comique à la déchéance de la famille Trevelyan.
Oliver Dimsdale dépérit de façon très convaincante. Christina Cole est classy jusqu’au bout des ongles, elle qui pour une fois n’a pas un rôle de garce et, comme toujours, Laura Fraser est aussi agréable à regarder qu’à écouter. C’est elle qui tient sur ses épaules la plus grande part de ces dramatiques événements, et c’est vers son personnage que mon cœur s’est porté, d’un bout à l’autre.

17:18 Publié dans Challenge David Tennant 2010, Films/téléfilms, Sélection DVD, Télévision britannique | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note



Commentaires
Écrit par : fashion | 03.10.2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Nataka | 03.10.2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Theoma | 05.10.2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Nataka | 05.10.2010
Répondre à ce commentaireÉcrire un commentaire