18.08.2010
Just the length of a slow deep breath. That’s all it took for her to remember the one thing she will never forget. Another body waited.


Heat Wave
De Richard Castle (en attendant de plus amples informations...)
Tandis qu’une vague de chaleur écrase New York, un magnat de l’immobilier est retrouvé mort, écrasé sur le trottoir devant son immeuble. Avec la crise et la bulle crevée de l’immobilier, les raisons ne manquaient pas de se tuer. Ou d’être tué…
L’inspecteur Nikki Heat est chargée de l’enquête. Qui aurait été assez compliquée comme ça, si elle n’avait pas dû en plus supporter la présence de Jameson Rook, journaliste star et détenteur du Pulitzer, qui prépare un article sur la police de New York. Rook est pénible, il interfère dans son travail sans arrêt, mais il est surtout terriblement attirant. Et il ne fait rien pour cacher que l’attirance est réciproque…
Heat Wave, dans la série Castle, est le premier roman de Rick Castle mettant en scène son nouveau personnage, Nikki Heat. Rédigé pendant la première saison, promu puis mis en vente au début de la seconde, on en voit quelques exemplaires ici et là, entre les mains des protagonistes. Mine de rien, ce bouquin est un élément important de l’histoire. Il est le prétexte trouvé par Castle pour s’incruster dans l’unité de Beckett, il est aussi à l’origine de nombreuses disputes, et de nombreuses vannes.
La série ayant rencontré le succès, il n’était pas idiot de la part des producteurs de surfer dessus en proposant des produits dérivés. D’autres mettent bien en vente des tournevis soniques, alors… Pour Castle, ils auraient pu sortir industriellement le mug dans lequel Beckett boit son café. Mais s’agissant d’une série dont le héros est écrivain, éditer un roman prend tout son sens. D’autant qu’il ne s’agit pas d’une novélisation de la série, non non. C’est un objet à part. C’est un roman qui, en théorie, peut exister par lui-même, avec ses propres personnages et sa propre intrigue.
Enfin, c’est là que le bât blesse. "En théorie".
Parce que bon, même si tout ça reste fictionnel, on parle quand même d’un écrivain super-célèbre, traduit et lu dans le monde entier, auteur de 26 romans policiers qui ont tous été des best-sellers, si bons qu’ils ont gagné des prix littéraires, si inspirants qu’une fliquette pourtant loin d’être midinette y a puisé suffisamment de force pour surmonter la perte d’un être cher dans des conditions tragiques.
Cela suggère déjà une certaine qualité d’écriture.
Or, dès qu’on a le livre entre les mains, on doit se rendre à l’évidence. Il est beaucoup moins épais qu’il en avait l’air dans la série. On a en tout et pour tout 20 chapitres, ce qui représente un bon moment de lecture, mais qui équivaut au scénario d’un bon épisode de Castle, pas plus. Certainement pas assez développé pour se hisser au niveau d’un roman qui resterait plusieurs semaines en tête des ventes et qui aurait droit aux meilleures critiques des journaux New-Yorkais les plus sérieux.

Voilà donc la fameuse scène où Kate porte une robe
Hervé Léger à se rouler par terre
(je précise que je me fiche de la mode comme d'une guigne en général,
mais cette robe-là méritait qu'on y prête attention,
et Stana Katic la porte quand même trèèès bien),
et où on voit parfaitement bien que Heat Wave
devrait faire au moins 150 pages de plus.
Ce qui ne veut pas dire que Heat Wave ne pourrait pas, comme je le disais plus haut, exister par lui-même. Il est certes un peu léger, mais son intrigue policière est bonne, avec des personnages nombreux, beaucoup de pistes à explorer, pas mal d’action et une conclusion qui n’était pas forcément téléphonée du début. Ce n’est pas Agatha Christie, ce n’est même pas Mary Higgins Clark, mais sincèrement, j’ai lu des romans infiniment plus prétentieux que celui-là qui n’étaient pas à moitié aussi intéressants.
Ceci dit, entendons-nous bien, quelqu’un qui ne connait ni n’apprécie la série télé ne trouvera que peu de saveur au roman. En tant que produit dérivé, en revanche, c’est de la très bonne came. On lit Heat Wave à deux niveaux à la fois, deux niveaux de fiction. (Ceux qui ont vu Inception comprendront, c’est comme un rêve imbriqué dans un autre rêve…) On voit Nikki Heat et Jameson Rook agir, et en même temps on voit Rick Castle écrire en s’inspirant de Kate Beckett, de son équipe et de lui-même. On repère toutes les connections avec la série, les situations et les petites phrases qui sont reprises, les petites manies.
Bon, les personnages du roman sont sans doute un peu trop calqués sur les personnages de la série. Il n’était pas nécessaire que Rook vive aussi avec sa mère, ni que les coéquipiers de Beckett soient un irlando-américain et un hispanique scotchés ensemble en permanence. Quoique l’idée de donner un surnom unique à leur duo est amusante, une fois qu’on s’y est habitué. Mais Nikki Heat n’est pas une exacte copie de son modèle, elle est plus rugueuse et moins marrante, plus secrète et fermée, et elle fait des choses que Kate ne feraient pas (du moins je crois).
Et c’est assez amusant de penser que Castle s’est imité lui-même pour créer Jameson Rook, ça laisse à penser qu’il a plutôt bonne opinion de lui-même en général, mais qu’il est conscient d’avoir un ego surdimensionné. Il préfère se dépeindre en reporter globe-trotter, habitué aux situations dangereuses, plutôt qu’en romancier pantouflard. Et surtout, les rapports qu’entretiennent Rook et Heat en disent long sur ce que Beckett lui inspire, et sur ce qu’il aimerait lui inspirer en retour. Aaah ! Cette blague récurrente à propos de la pub pour du parfum…
Bref, pour les fans de la série, dont je suis, Heat Wave ne donne aucun indice sur la façon dont Rick Castle est devenu un auteur célèbre et reconnu. Mais il propose une percée fictive dans l’esprit d’un auteur qui l’est tout autant mais dont on aimerait pouvoir lire les 26 précédents romans, et dont on est heureux qu’il couche sur papier des scènes qu’on attend avec impatience et qu’on ne verra pas sur nos écrans avant deux ans minimum. Le prochain tome, Naked Heat, est déjà sur ma liste de courses. Et malgré mes recherches, je ne sais toujours pas qui en est le véritable auteur.
14:42 Publié dans Littérature USA, Livres récents, Romans policiers / mystère | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : nathan fillion



Commentaires
Écrit par : fashion | 18.08.2010
Répondre à ce commentaireQuant à savoir si ce sera vraiment un best seller dans le monde réel, c'est encore tôt pour le dire, mais effectivement, c'est un pur produit marketing, et néanmoins un excellent divertissement.
Écrit par : Nataka | 18.08.2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Cécile | 04.09.2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Nataka | 05.09.2010
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