06.08.2010
"Of course a relationship that started at the edge of one grave would culminate on the brink of another."

Jekel loves Hyde
De Beth Fantaskey
Dans les familles respectives de Jill Jekel et Tristen Hyde s’est transmise depuis plus d’un siècle la légende selon laquelle le célèbre roman de Stevenson, L'Étrange Affaire du Dr Jekyll et de Mr Hyde, pourrait bien être basé sur une histoire vraie.
Mais rien ne prédisposait Jill et Tristen à se retrouver dans le même lycée. Encore moins à travailler ensemble sur un projet de chimie.
Après avoir lu, et beaucoup aimé, le premier roman de Beth Fantaskey, Comment se débarasser d'un vampire amoureux, je m’étais promis de suivre sa carrière, à commencer par son second roman dont le pitch et les extraits me paraissaient déjà bien alléchants.
Librement basé sur le roman victorien, gothique et horrifique, de Stevenson, Jekel loves Hyde est un mélange de romance adolescente comme on en voit des tonnes, mais de bonne qualité, et de fantastique, mais à dose très mesurée.
Il y est question de Jill Jekel, une lycéenne douée et gentille, mais plutôt insignifiante en dehors de ses résultats scolaires. Du genre à qui on demande un coup de main pour ses devoirs, mais qu’on n’invite pas aux fêtes. Elle obéit scrupuleusement aux règles et passe généralement pour une mauviette. Elle manque cruellement de confiance en elle et se laisse piétiner par ses camarades, et utiliser par ses prétendus amis. Il en a été ainsi depuis l’école primaire. Et comme si ça ne suffisait pas, son père a été sauvagement assassiné, l’enquête a déterminé qu’il avait des activités illicites, les économies destinées à ses études universitaires ont disparues et sa mère est en pleine dépression. Jill doit affronter seule la solitude, la honte et les problèmes financiers.
Son professeur de chimie l’encourage à s’inscrire à un concours qui pourra lui permettre d’obtenir une bourse. Elle a alors l’idée d’utiliser son héritage : des notes de laboratoires rédigées par un lointain cousin, le Docteur Jekyll, auxquelles son père lui a toujours interdit de toucher. Et pour augmenter ses chances, elle enrôle Tristen Hyde, également brillant mais autrement plus populaire, beau, charmant, sportif mais aussi secret et ténébreux (inévitablement), et comment pourrait-il en être autrement ?
Car la raison qui le pousse à accepter ce partenariat, c’est que l’accès à ces documents pourrait bien le sauver. En effet, Tristen serait lui-même un descendant direct de Mr. Hyde. Et ce monstre, la part sombre du Dr. Jekyll, réapparait à chaque génération, dévorant la personnalité réelle de son hôte et le poussant vers le crime et la folie. La formule, si elle fonctionne, lui permettra peut-être de briser le cycle infernal. A condition de travailler vite, car la bête gagne en puissance. Et plus Tristen apprécie Jill et s’attache à elle, plus le monstre en lui menace de s’attaquer à elle.
Ok, pas de vampires cette fois, ni aucune créature sortie de la bouche de l’enfer. Juste de la chimie et des potions même pas magiques, un peu de psychiatrie, plus l’éternel combat du bien contre le mal que se livrent le petit ange et le petit démon posés sur nos épaules. Il y a pourtant comme un vague air de rabâché, mais peu importe.
Même si le style de narration (première personne, alternant les voix des deux héros) est un peu lourd et que, comparé à Comment se débarasser… que j'avais trouvé plutôt drôle, Jekel loves Hyde préfère le sombre et le violent à l’humour, j’ai quand même bien accroché à ce roman, lu d’une traite. Les personnages sont plutôt intéressants et attachants, complexes, pleins d’apparences trompeuses et de conflits intérieurs, et qui se révèlent face à l’adversité. Et j’ai marché à fond dans l’histoire d’amour des protagonistes, avec son lot de vont-ils, vont-ils pas, oui mais il ne faut pas, oui mais j’ai confiance, oui mais c’est dangereux, oui mais j’ai envie… (et, non, contrairement aux apparences, ce n’est pas redondant).
J’aurais du mal à être aussi enthousiaste que pour Comment se débarasser d’un vampire amoureux, qui en plus de m’avoir vraiment accrochée, m’avait aussi beaucoup fait rire. Mais tout de même, Jekel loves Hyde m’a fait passer un très bon moment, et n’est sans doute pas le pire hommage rendu au grand classique dont il s’inspire.
20:16 Publié dans Littérature USA, Romans fantastique, Romans jeunesse | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note



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